Bpifrance : redonner du souffle aux entreprises françaises

En 2012, conjointement au Pacte national pour la croissance, la compétitivité et l’emploi lancé par le gouvernement Ayrault, est décidée la création d’un organisme de financement destiné à soutenir les entreprises de petite et de moyenne taille. Dotée d’un budget conséquent, la structure, qui n’est opérationnelle que depuis les premiers mois de 2013, a d’ores et déjà dû faire face à de nombreux défis dans un contexte de ralentissement économique.

Promesse électorale

logo_bpifrance_slaL’engagement numéro 1 du candidat François Hollande lors de la campagne présidentielle de 2012 était de vouloir créer une banque publique d’investissement ayant pour mission de favoriser « le développement des PME, le soutien aux filières d’avenir et la conversion écologique et énergétique de l’industrie ». Dès la mi-octobre 2012, le projet est acté en conseil des ministres et voit le jour le 31 décembre 2012. Regroupant des organismes déjà existants tels que Oseo, Ubifrance, le fonds stratégique d’investissement ainsi que le CDC Entreprises, Bpifrance, qui dispose d’un guichet dans chaque région de l’Hexagone, constitue un précieux appui pour le financement des petites et moyennes entreprises, pour le développement des secteurs d’avenir, ainsi que pour celui des territoires, puisque l’organisme associe fortement les régions à chacune de ses décisions.

De larges moyens d’action

Chantier de première importance dans le quinquennat de François Hollande, le rôle de la banque publique ne se résume pas aux aides bancaires octroyées aux entreprises. Pourtant, l’aspect purement financier occupe une grande place dans les missions de Bpifrance. Agissant de concert avec des acteurs privés, le montant des prêts accordés en 2013 s’est élevé à 8 milliards d’euros, et 100 000 entreprises ont été accompagnées. Un bilan d’autant plus remarquable qu’une large partie des efforts de la première année ont dû être concentrés sur l’homogénéisation des structures déjà existantes destinées aux financements publics des entreprises. Une tâche nécessaire pour éviter toute dispersion dans les circuits préexistants. Selon Antoine Boulay, directeur des relations institutionnelles de Bpifrance, cet interlocuteur unique simplifie et accélère des démarches jusqu’alors complexes, et peut constituer tant un complément qu’une alternative aux « business angels » pour des entreprises confrontées à un contexte difficile et devant faire face à une diminution du crédit bancaire.

Des visées à long terme

Pour autant, les prérogatives de Bpifrance ne se réduisent pas à la simple sauvegarde d’entreprises en difficulté. L’organisme bancaire entend bien faciliter l’émergence d’entreprises de taille intermédiaire, en facilitant par exemple les rapprochements entre plusieurs PME complémentaires. Le but étant de contribuer à la relance économique française et d’assurer la compétitivité face à la concurrence mondiale. Il s’agit pour ce faire de privilégier les secteurs stratégiques, comme le Numérique, les biotechnologies ou encore l’économie sociale et solidaire, sans pour autant négliger les secteurs plus traditionnels. Une fois ce difficile équilibre atteint, les objectifs visent le long terme, puisque selon le directeur général de Bpifrance, Nicolas Dufourcq, la France de 2030 se dessine dès aujourd’hui.

Premier bilan

Au terme d’une première année d’exercice, Bpifrance a démontré son intérêt pour les PME et les ETI, tout en intervenant ponctuellement auprès des grands acteurs de l’économie française. Les secteurs ayant fait l’objet de son soutien vont de la filière aéronautique aux industries agroalimentaires, en passant par la filière bois ou encore les transports. Des aides aux exportations ont aussi été réalisées, et 1680 projets ont pu bénéficier d’un accompagnement à l’international. Parallèlement à ces investissements, l’organisme public a décidé d’équilibrer son portefeuille et de réduire ses expositions aux marchés financiers. D’où la cession d’une partie des capitaux d’Orange, de Valeo, d’Aéroports de Paris et d’Accor, participations héritées majoritairement de la fusion avec le fonds stratégique d’investissement. Les profits ainsi réalisés seront réinjectés vers des entreprises innovantes, ou qui peinent à trouver un financement.

Modèle allemand

La structure et le fonctionnement de la Banque publique d’investissement prennent pour modèle leur homologue allemand, la KFW, qui a débloqué depuis 2009 la somme de 14 milliards d’euros en prêts pour les PME et ETI. Mais pour que la France devienne une nation pleinement compétitive, il faudra faire plus que de s’inspirer des structures allemandes. Il faudra aussi susciter une même attraction pour les entreprises de taille moyenne, plébiscitées par les jeunes diplômés outre-Rhin, cet attrait étant la clé de la réussite du « Mittelstand » allemand. Plus largement, le redémarrage de l’économie française dépendra en grande partie de la capacité de Bpifrance à promouvoir la création de PME, et de veiller à leur maintien sur le long terme. Une mission délicate, qui, pour être menée à bien, demandera à la banque publique de gérer aussi bien les contraintes économiques que les attentes des politiques.

Observatoire Pour L'Emploi